Angelika Markul / PRIX COAL 2016: Angelika Markul / Follow Art with Me / Béatrice Cotte

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Le Prix COAL Art et Environnement 2016 a récompensé hier l’artiste Angelika Markul pour son projet Tierra del Fuego. La cérémonie de cette septième édition du Prix COAL organisée au ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, était inaugurée par Madame la Ministre Ségolène Royal qui a rappelé le rôle incontournable des artistes pour renouveler notre rapport à la nature. Angelika Markul a été distinguée par un jury de personnalités de l’art contemporain et de l’écologie parmi dix artistes nommés.

Le Prix COAL Art et Environnement est le rendez-vous international des artistes plasticiens qui s’emparent des questions d’écologie et contribuent par la création à la construction d’un monde durable. Cette année encore, près de 250 artistes issus de 46 pays représentant les six continents ont concouru dans le cadre d’un appel à projets international. Placé sous le haut patronage du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer et la présidence d’honneur de Madame Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le Climat, le Prix COAL 2016 a été remis le 12 octobre à l’artiste Angelika Markul pour le projet Tierra del Fuego, lors d’une cérémonie organisée à Paris au ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, avec le soutien de l’Union Européenne et du réseau Imagine2020, du ministère de la Culture et de la Communication, du musée de la Chasse et de la Nature et de la Fondation François Sommer.

Angelika Markul cultive le souhait de filmer et sublimer dans une installation vidéo monumentale la disparition progressive du glacier de Tierra del Fuego. Cet archipel exceptionnel, constitué d’une île principale et d’une multitude de petits îlots, est situé à l’extrême sud du continent américain entre Argentine et Chili. Ce paysage disparaît, comme a disparu la civilisation amérindienne qui y vivait depuis douze mille ans, décimée par les Européens. Tierra del Fuego confronte l’extinction des civilisations et de leurs traditions au futur effacement des paysages causé par les bouleversements climatiques. Grâce à une manipulation numérique de l’image, l’artiste rend visible et accélère le processus de fonte du glacier, créant un nouveau paysage qui n’appartient qu’à l’esprit de celui qui le regarde. Cette sublimation du danger interpelle le spectateur avec pudeur, sensibilité et poésie. L’artiste convoque en parallèle une série de phénomènes et d’influences qui, ensemble, composent une symphonie de fin du monde : des dessins évoquant les traditions perdues des yagans et des alakalufs, ces pêcheurs nomades de Terre de Feu ; le mylodon, cet animal préhistorique endémique désormais disparu ; ou encore la Iluvia lenta (« pluie lente ») de la poètesse chilienne Gabriela Mistral, qui appelle à une nécessaire reconnexion avec la terre mère.

La bande-son, quant à elle, évoque deux phénomènes sonores exceptionnels : un son de trompettes puissantes et angoissantes, dont personne ne sait dire s’il provient de la terre ou du ciel, qui a été entendu et filmé par des personnes aux quatre coins du monde et s’est répandu comme une traînée de poudre sur le Web et dans les médias ; et l’enregistrement récent par la Nasa du son de la terre. Tierra del Fuego sublime les tensions actuelles entre science, spiritualité et crise environnementale, à travers une installation pluri-média qui enveloppe le spectateur dans un monde ambigu, complexe et sombre.

La lauréate du Prix COAL Art et Environnement 2016 bénéficie d’une dotation de 5 000 euros et d’une résidence au domaine de Belval, propriété de la Fondation François Sommer, assortie d’une aide financière complémentaire à la production.